
Denis & Didier Berthollier
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Dans cet épisode, l’équipe Qui Goute ? est au milieu de son périple savoyard de janvier 2024 et sort de chez Louis Trosset (article à lire ici), de la mondeuse plein les papilles, pour se rendre à « La combe des Grand’Vignes » en plein cœur de Chignin.
Grand corps de ferme, lavoir et chien, pas de doute, nous sommes bien chez des paysans-vignerons. Valérie, qui s’occupe de la partie commerciale du domaine, nous accueille dans une belle cave voutée où trônent fièrement les bouteilles de la gamme à côté des photos des différentes parcelles. Pour accompagner la dégustation, elle nous retrace l’histoire du domaine de Denis et Didier :
Les premières vignes sont plantées en 1850 par l’arrière grand-pére. Elles servaient à la consommation personnelle de sa famille et le vin termine, pour les plus beaux millésimes, dans les bistrots de Chambéry.
La vente de raisins est une petite partie des revenus de la famille Berthollier qui, comme souvent à l’époque, travaille de polyculture et d’élevage pour vivre.
En 63, les parents de Denis et Didier se lancent exclusivement dans le vin en participant à la création de l'AOC Vin de Savoie. En quelques années, l’exploitation passe de 2ha à 12ha pour mieux fournir la cave coopérative. Comme dans la majorité de la France depuis le milieu du 19ème, l’heure est au rendement avec la mécanisation et l'utilisation des produits de synthèse. La qualité, sans être totalement délaissée, n’est pour autant pas la priorité...
C’est en 1995 que la génération suivante prend la relève, Denis puis Didier, avec des valeurs qui collent beaucoup plus à celles de Qui goûte ?.
Valérie commence donc à nous présenter les deux propriétaires de « La combe des Grand’Vignes » quand Didier rentre dans le caveau, pouvant lui-même nous faire part de son histoire.
Souriant et avenant, il est en charge de la partie vigne. Il nous explique comment la nature est au centre de son travail, avec une volonté de valoriser au maximum chaque raisin de chacune de leurs 30 parcelles !
Mais produire des raisins de qualité en quantité suffisante n’a pas été chose facile…
En effet, pour passer de l’agriculture intensive des parents, avec perfusion chimique pour les vignes, à une agriculture propre en biodynamie, il a fallu 5 années de transition et jusqu’à un tiers de perte à chaque millésime.
Techniquement, « le retour de l’herbe dans les vignes est d’abord un concurrent direct de la vigne avant d’être un allié vers l’auto-fertilité des sols ».
Ainsi, il aura fallu de la patience mais le retour au labour superficiel à cheval a bel et bien remplacé le gros tracteur d’époque. Le fauchage, allié à une meilleure compréhension des sols vivants, aura eu raison des derniers désherbants chimiques.
Le moment est simple et enrichissant, les blancs goûtent très bien, fins et élégants. Nous les commandons et prévoyons de tout récupérer le surlendemain afin de continuer nos découvertes des vignobles savoyards. même si les rouges restent un peu bruts pour nos palais (trop) délicats.
Avènement de la mécanisation
Labour à la grosse machine et désherbant chimique étaient réguliers dans les vignes jusqu'aux années 90.
Un retour aux sources
Aujourd'hui, les vignes sont enherbées. Le fauchage est de rigueur. Un prestataire vient chaque année pour un labourage à cheval.
À la livraison, nous sommes heureux de rencontrer le second frère Berthollier : Denis , en charge de la vinif’.
Il tient à nous refaire goûter certains vins, variants parfois les millésimes, et, comme nous sommes professionnels chez Qui Goûte ?, nous re-analysons les vins sous le spectre de la vinification.
Là, nous sentons l’homme exigeant et maitrisant parfaitement son travail : tout est réfléchi, anticipé. Il connait ses raisins par cœur, parcelle par parcelle. Il a une capacité étonnante à jouer avec les vinifs’: cuve, fût et amphore, avec des rapports différents pour chaque cuvée et chaque millésime, le tout avec zéro souffre lors de la vinif'.
Goûter une deuxieme fois les vins sous le prisme de la vinification nous conforte dans nos choix : « Argile sur Schistes » et « Les salins » sont racés et élégants ; « Saint Anthelme » et « Coup de théâtre » plutôt gourmands et envoûtants.
« Coup de théâtre », est une parfaite illustration de la constante adaptation et remise en question de ce domaine depuis les années 90. Je vous conseille d'aller jeter un coup d’œil à la partie "L'info Qui Goûte ?" de la fiche explicative
Bref, les frères Berthollier sont maintenant parmi les vignerons les plus en vue de l’appellation Chignin. Une gamme en biodynamie qui ravira tous les palais avec une philosophie : proposer des vins authentiques, naturels, avec le gout des parcelles.
Nous sommes particulièrement heureux de pouvoir vous proposer une sélection de nos cuvées préférées chez Qui Goute ?.